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LYON, 5 MARS 2001, LA CREATION DU FONDS INTERNATIONAL DE SOLIDARITE DES VILLES CONTRE LA PAUVRETE
A linitiative de Bamako, Genève et Lyon, les villes du Nord et du Sud se dotent dun fonds international de solidarité pour lutter contre la pauvreté et lexclusion sociale
| Les villes de Bamako (Mali), Genève (Suisse) et Lyon (France) ont lancé, le 5 mars 2001, à Lyon, le premier Fonds international de Solidarité des Villes contre la Pauvreté (FSVP). L'objectif des trois villes fondatrices est de susciter entre des villes partenaires du Nord et du Sud des coopérations partagées, où les engagements financiers iront de pair avec des soutiens techniques et des transferts de compétences. |
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Gérard Collomb (Lyon), Manuel Tornare (Lyon) et Ibrahima N'Diaye (Bamako), lors de l'inauguration du siège du Fonds, en avril 2002, à Genève.
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Raymond Barre, ancien Premier ministre français, maire de Lyon, Ibrahima N'Diaye, maire de Bamako, et Alain Vaissade, maire de Genève, ont officialisé, à Lyon, la création de ce fonds international, qui n'est pas - affirme Raymond Barre - "la création d'une énième structure supplémentaire". Il s'agit en effet, pour les magistrats des trois villes, de participer à l'émergence d'un "nouvel outil international" dans le champ de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion - un outil, cette fois, au service des villes.
C'est la première fois que des villes et des organisations de villes et d'autorités locales s'entendent sur le plan mondial pour tirer avantage de leurs expériences dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. L'objectif est de mettre en place un "réseau d'échanges et de projets" géré par les villes elles-mêmes, porteur de coopérations mutuellement profitables.
Le maire de Bamako, Ibrahima N'Diaye, a souligné que le fonctionnement de ce nouvel organisme ne serait pas à sens unique. Les villes des pays industrialisés sont également confrontées à de difficiles problèmes d'intégration. La coopération leur permettra à elles aussi de mieux gérer ces problèmes, avec l'appui des villes du Sud.
"En faisant le choix de privilégier l'accès des populations aux services vitaux de base (centres de santé, points d'eau potable, écoles, petits barrages, micro-crédits, etc.), notre Fonds, a-t-il précisé, se distinguera par l'impact de ses actions sur le niveau de vie réel des populations bénéficiaires".
Promouvoir la coopération décentralisée entre les villes du Nord et du Sud
La création du Fonds de solidarité est l'aboutissement d'un engagement de nombreuses villes. Il fait suite à deux réunions internationales tenues à Lyon en 1998 et à Genève en 2000 sous l'égide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Dans la Déclaration adoptée le 5 avril 2000, à l'issue du Forum de Genève, les villes participantes ont affirmé leur "détermination à donner priorité à la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale dans (leur) commune en accordant une attention à tous (leurs) administrés quelle que soit leur origine ou leur nationalité, ainsi qu'au travers de la coopération internationale".
Le Fonds de solidarité permettra de promouvoir la "coopération décentralisée" entre les villes du Nord et du Sud.
Manuel Tornare, vice maire de Genève, a été nommé premier Président de l'association de gestion du Fonds, Ibrahima N'Diaye en assurant la vice-présidence. Raymond Barre a accepté la présidence d'honneur de l'association.
Genève accueille le secrétariat exécutif de l'association, ce qui facilitera les contacts avec la communauté internationale, en particulier avec les agences des Nations unies, et les principaux bailleurs de fonds. Les réunions de travail se tiennent à Lyon. Le siège de l'associiation, ä Genève, a été inauguré en avril 2002, par Manuel Tornare, Ibrahima N'Daye et le nouveau maire de Lyon, Gérard Collomb.
Ainsi les villes de Bamako, Genève et Lyon coopèrent-elles étroitement pour le succès de cette initiative qui est perçue par de nombreux responsables politiques du Sud comme l'une des chances les plus sérieuses d'affronter les problèmes de pauvreté dans le tiers-monde.
La pauvreté : une catastrophe humanitaire et un déni des droits de l'homme
La pauvreté est sans conteste le plus grand fléau de notre époque. Elle met en péril la vie de nombreuses communautés. En novembre 1999, Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies, soulignait que la moitié des six milliards d'habitants de la planète subsistait encore avec deux dollars ou moins par jour. Il ajoutait que la pauvreté est la plus grave et la plus massive des violations des droits de l'homme.
Plus d'un milliard d'êtres humains, dont 650 millions d'enfants, survivent actuellement dans le monde dans une pauvreté absolue. Parmi eux, près de cent millions dans les pays du Nord dits "développés".
Manuel Tornare insistait - lors de la proposition de création du Fonds de solidarité - sur "le lourd tribut que les villes paient à ce qui apparaît à tous comme une catastrophe humanitaire sans précédent" en rappelant que "la moitié des pauvres du monde vivent dans les villes". Au-delà des phénomènes d'exclusion et de violence urbaines qui bouleversent tous les équilibres sociaux, il estimait que la pauvreté menaçait l'existence même de l'Etat démocratique.
Les villes contre la pauvreté: un réseau de coopération et d'entraide
Désireux d'aller au-delà des déclarations d'intention et d'intervenir concrètement contre la pauvreté dans leurs villes, les maires participant au Forum de Genève ont défini des objectifs de coopération "décentralisée" permettant un développement économique équilibré et solidaire.
Il ne s'agit plus, en effet, de se contenter d'une coopération impersonnelle en versant des aides ou des subventions aux villes les plus pauvres, mais de "reconnaître que la plus grande richesse et le plus grand atout pour vaincre la pauvreté sont les personnes affectées par les diverses formes de pauvreté elles-mêmes". Il s'agit donc aussi de reconnaître que le savoir, le talent, l'habileté, les compétences ne sont pas l'apanage des sociétés industrialisées, que chacun a à apprendre des autres et que l'aide doit et peut devenir une entraide.
Le Fonds de solidarité : les moyens d'un passage aux actes
Dans les villes, le pouvoir politique est proche des populations, dont il connaît les besoins et les aspirations. Le Fonds de solidarité a pour premier objectif de favoriser des rapports de compréhension et de solidarité entre les villes et autorités locales afin d'établir une coopération mutuellement profitable - que ce soit dans le cadre d'une relation Nord-Sud ou de réseaux Sud-Sud. Il a pour mission d'appuyer la création de projets innovants, adaptés aux réalités locales, par la mise en place d'actions de conseils et d'expertises, le soutien logistique à des initiatives citoyennes, l'échange des techniques, des expériences et des connaissances.
Cette forme de coopération dite "décentralisée" s'inscrira "dans un processus renforçant, d'une part, le rôle et les pouvoirs des municipalités; d'autre part, la responsabilisation de ces municipalités à la fois devant leurs administrés et les gouvernements ("gouvernance" citoyenne)".
L'association "Fonds international de solidarité des villes"
L'association "Fonds International de Solidarité des Villes contre la Pauvreté" (FISVP) est une association de droit suisse, capable d'organiser aux plans administratif et juridique l'adhésion et l'action des villes et des autorités locales partenaires au sein de ce nouvel instrument de la solidarité internationale.
Organisé en réseau d'échanges et d'aide à projets, le Fonds de solidarité est à la fois, pour les villes et les pouvoirs locaux, l'instrument d'un partenariat mutuellement profitable et celui d'une politique urbaine de développement solidaire et équitable. Il soutient et promeut des projets de coopération avec pour objectif principal la lutte contre la pauvreté, les inégalités et l'exclusion sociale. Le développement social et l'accès aux nouvelles technologies de communication, la responsabilité et la transparence dans la gestion des affaires publiques, le respect et la participation de tous les citoyens aux décisions qui concernent leur vie, sont les cadres de référence des solidarités partagées par les villes et les pouvoirs locaux.
L'action du Fonds de solidarité est établie sur les principes énoncés dans une Charte d'engagement, annexée aux Statuts de l'association, qui précise les missions et objectifs du Fonds.
En adhérant au Fonds de solidarité, les villes et les autorités locales développent des coopérations qui :
favorisent l'autonomie de leurs partenaires dans la conception et la mise en oeuvre de politiques publiques locales,
permettent des transferts d'expériences entre les villes, que ce soit dans le cadre de coopérations régionales (Sud-Sud) ou d'échanges entre des villes de pays industrialisés et de pays en développement (Nord-Sud),
portent sur des projets innovants, "de terrain", à fort impact social, impliquant, au-delà des responsables des pouvoirs locaux et des collectivités territoriales, les autres acteurs locaux et répondant à des besoins clairement identifiés notamment dans les domaines du développement social, de la mise en place et du renforcement des services publics,
s'inscrivent dans une perspective d'action à long terme, d'une part, sur le plan du développement social, de l'organisation des services publics de base et, d'autre part, de la gestion municipale et des pratiques citoyennes (aide notamment à la formation technique, administrative et juridique).
2001 / 2003.

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