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LYON, 5 MARS 2001, LA CREATION DU FONDS INTERNATIONAL DE SOLIDARITE DES VILLES CONTRE LA PAUVRETE

Lu dans la presse....


    TdG__Les maires de Lyon, Bamako et Genève sont les trois pères de cet outil d'entraide

Il aura fallu trois ans, ce qui pour ce genre de choses n'est pas une éternité, mais c'est fait : [le 5 mars 2001] à l'Hôtel de Ville de Lyon, l'encore maire de cette ville, Raymond Barre, le maire de Bamako, Ibrahima N'Diaye, et celui de Genève, Alain Vaissade, ont signé de leurs trois mains l'acte de naissance du Fonds international de solidarité des villes contre la pauvreté.

[…] C'est la première fois que les villes et des organisations de villes s'entendent sur le plan mondial pour mettre à profit leurs expériences dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion. C'est la première fois, aussi, qu'elles se donnent un instrument financier autonome, indépendant des Etats dont elles relèvent et des instances internationales censées se pencher sur leurs problèmes.

Ce fonds, dont la présidence a été confiée […] au conseiller administratif genevois [exécutif] Manuel Tornare, et dont l'ancien premier ministre français Raymond Barre a accepté d'être le président d'honneur, aura son siège - très light - à Genève, ce qui ne manquera pas d'être favorable aux contacts avec les organisations planétaires, ainsi qu'avec de potentiels bailleurs de fonds. Les réunions et assemblées générales du fonds, pour leur part, auront lieu à Lyon.

[...] Les villes sont depuis longtemps devenues le lieu privilégié de la misère, et les effets pervers de la globalisation s'y font de plus en plus sentir. Dans quelques années, une dizaine tout au plus, la moitié de la population des pays en développement vivra dans des villes dont il faut chercher à éviter qu'elles n'en deviennent complètement invivables. "Le réseau des villes contre la pauvreté", dit Manuel Tornare qui aura été le moteur obstiné de cette action durant ces deux dernières années, "veut assurer aux cités du monde un développement économique sûr, seul susceptible de faire reculer chômage, pauvreté et exclusion. Cet objectif est au moins aussi important que la réduction des déficits publics". ["La Tribune de Genève", Genève, 6 mars 2001]


    Le Progrès__Financer les coopérations décentralisées destinées à lutter contre la pauvreté

"Il y a deux ans, cette idée d'une prise en charge par les villes de leurs réflexions, de leurs solutions, de leurs coopérations, avait donné naissance au premier forum de l'Alliance mondiale des villes contre la pauvreté. Le fonds permettra de créer un outil financier pour faciliter les coopérations. Il n'agira pas comme une banque pour financer des projets, des infrastructures, mais permettra aux villes adhérentes de soumettre leurs projets.

"Ibrahima N'Diaye, maire de Bamako, insiste sur l'importance de ces changements de comportements pour parvenir à une amélioration des situations à dépense égale. Une action sur les mentalités en matière de naissance permet de réduire le nombre d'enfants et d'améliorer la vie. La formation des fonctionnaires, des techniciens fera partie des priorités du fonds". [Le Progrès de Lyon", Lyon, 6 mars 2001]


    Lyon Figaro__De villes à villes, contre la pauvreté

"Trois maires réunis dans les salons de l'Hôtel de Ville [de Lyon] pour officialiser la création d'un "fonds de solidarité des villes contre la pauvreté", ce n'est pas", a affirmé d'emblée le maire de Lyon, Raymond Barre, qui en a accepté la présidence d'honneur, "la création d'une énième structure supplémentaire". Cela sonne au contraire comme une "étape décisive dans l'action engagée pour la lutte contre la pauvreté".

"C'est la première fois que les villes et des organisations de villes et de pouvoirs locaux s'entendent sur le plan mondial pour tirer avantage de leurs expériences dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Le maire du district de Bamako, seul représentant du Sud, a d'ailleurs apposé son paraphe avec une certaine gravité, aux côtés du maire de Lyon et de celui de Genève. Le fonds ne fera pas seulement office de tirelire, mais toute ville adhérente s'engagera à mettre des moyens humains, techniques, psychologiques, pour soutenir des projets permettant de faire reculer la pauvreté dans le monde. Rénovation d'un patrimoine, modernisation d'un système d'assainissement, chaque projet aura pour base même l'échange d'un savoir-faire et la formation. Chaque ville a déjà développé ce type de compétences séparément. Mais le fonds aura pour ambition de créer la synergie et une meilleure efficacité des échanges Sud-Sud et Nord-Sud. Le Sud pouvant aussi donner au Nord quelque enseignement en matière de solidarité interfamiliale[…]"

Pour le maire de Bamako, Ibrahima N'Diaye, "les villes du Sud doivent être associées intimement pour mieux exprimer leurs besoins, les moyens matériels ne sont pas suffisants". Pour lui, "la coopération décentralisée ne constitue pas simplement une nouvelle forme de coopération. C'est également un changement d'attitude de la part des partenaires". [ "Lyon Figaro", Lyon, 6 mars 2001].


    Nouvel Horizon__Un instrument de partenariat

"L'initiative de créer un fonds international de solidarité est", affirme Ibrahima N'Diaye, "à saluer doublement." D'abord parce qu'il s'agit des villes. "L'évolution à l'échelle mondiale" explique-t-il, "confirme chaque jour davantage le poids des villes dans la vie économique et socioculturelle de nos pays. Reconnues pour leurs politiques de gestion de proximité, les municipalités ont acquis la réputation d'être les plus proches des populations, notamment des plus défavorisées. En décidant de la création d'un fonds de solidarité, Genève, Lyon et Bamako créent une alternative nouvelle, suscitent un nouvel espoir car les chances d'efficacité sont plus grandes parce que nous sommes plus proches des bénéficiaires".

Second point important, pour le maire de Bamako : la création du fonds s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. "Quel défi", souligne-t-il, "lorsque nos pays, nos villes du tiers-monde font l'amer constat que les progrès techniques et technologiques, que la croissance enregistrée ces dernières décennies n'ont pas permis le recul de la pauvreté dans beaucoup de nos pays en voie de développement". ["Nouvel Horizon", Bamako, 13 mars 2001]


    Le Republicain__
    Le pari de l'avenir

Pour le journal, la création du fonds de solidarité doit permettre "la réalisation de projets innovants et à fort impact social" et s'inscrit dans une perspective à long terme. Les villes du Sud devraient y trouver la force nécessaire pour mieux prévoir et organiser les "services publics" et les villes du Nord redécouvrir "les vertus d'un sens communautaire, d'une sociabilité que l'anonymat des cités modernes a passablement éventée". [LE REPUBLICAIN, Bamako, 15 mars 2001]